Francis Hallé

Francis Hallé expose pour Lieux Mouvants les dessins qu’il a réalisés au cours de ses différentes explorations, dont les éditions Muséo ont entrepris la publication.

« Dans ces ouvrages, Francis Hallé offre à chacun la découverte de la diversité de son approche du dessin. Les botanistes connaissent les dessins schématiques très formels des modèles architecturaux, qui ont fait la gloire de Francis et de Roelof Oldeman depuis 1970. Dans ces dessins, on reconnaît la position des méristèmes, des feuilles, des fleurs, l’orientation des branches mais pour chacun des modèles, on ne peut reconnaître une espèce d’arbre ni même un quelconque arbre vivant. Et pourtant, chaque botaniste est capable, en observant un jeune arbre vivant, de déduire à quel modèle architectural il se rattache, tel que défini par ces dessins schématiques. C’est là la grande force de ces dessins qui restituent le vivant sous une forme intellectuellement interprétée. C’est utile, nécessaire, souvent beau mais implacablement froid. Mais dans cet ouvrage, nous retrouvons toute la sensibilité de Francis : les arbres ne sont plus des objets exprimant leur devoir génétique mais ils deviennent des objets animés sous lesquels on voudrait se protéger ou dans lesquels un singe sauterait de branche en branche.
Soudain, l’arbre dessiné devient un arbre vivant, avec tous ses accidents, ses branches cassées, ses réactions opportunistes face à la lumière. Là, dans ses dessins, Francis se libère d’une rigidité dogmatique pour garder sa rigueur scientifique tout en nous immergeant dans la poésie. On retrouve la forêt tropicale et ses arbres, telle qu’elle dut être du temps de l’Eden. Francis aime les arbres, la forêt et les habitants de cette forêt, hommes, oiseaux, insectes, grenouilles, singes… Ces ouvrages sont un hymne à la plante. »

Patrick Blanc

 

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