Vincent MAUGER

Mécanique du paysage

LIEU : CARRIERE DE LOCUON, PLOERDUT (56)

Les sculptures de Vincent Mauger ne se contentent pas de prendre place dans un site, elles le mettent sous tension. Le rapport au lieu est une composante intrinsèque du travail de l’artiste, qui prend le parti de questionner l’espace afin d’en révéler les points de rupture ou d’équilibre. De l’adéquation entre l’espace occupé et le volume proposé naissent des résonances qui sollicitent la sensibilité du spectateur. Celui-ci, happé par le jeu des surfaces, des vides et des pleins, fait l’expérience d’un paysage simulé dont l’échelle oscillerait entre l’infiniment petit et le gigantisme assumé. 

Reprenant à son compte les modélisations 3D, Vincent Mauger crée un monde parfaitement ancré dans la matière tangible. Qu’il s’agisse de bois, de parpaings, de métal, de brique ou de polystyrène, les matériaux sont travaillés au-delà ce que leur matérialité pourrait laisser présager. Avec une certaine économie de moyens et de procédés, la perception des caractéristiques de masse et de solidité se trouve souvent modifiée, dans tous les cas questionnée.

Dans un monde aux distances abolies par la vitesse des déplacements (réels ou virtuels), Vincent Mauger propose un espace à la topographie extraordinaire où il fait bon se perdre.

Claire Taillandier

 

 

Ma démarche s’articule autour d’une problématique centrée sur la recherche de matérialisation, de concrétisation de ce
que serait un espace mental. J’entends par espace mental aussi bien la construction de pensées qui s’échafaudent face
à un espace ou un lieu, que les univers virtuels et constructions mathématiques ou schématiques élaborés pour que
chacun puisse se projeter dans un espace inexistant ou éloigné.
Je confronte souvent un espace réel avec une représentation d’une perception mentale d’un autre espace. J’aime jouer
sur ce paradoxe qui est de chercher à matérialiser ce que serait un espace mental. A partir de matériaux de construction
ordinaires, je reconstruis des représentations de paysage, sorte de paysages mentaux, proches de l’imagerie de
synthèse ou de constructions mathématiques et schématiques. Je mets en parallèle des techniques de construction
réelles et concrètes avec des techniques d’imageries virtuelles ou scientifiques. Je cherche à rapprocher et à montrer les
similitudes entre un système de construction concret et un raisonnement ou une construction d’ordre mental.
Mes propositions interrogent l’idée d’architecture, d’urbanisme et d’organisme en utilisant des matériaux de construction
pour formuler des fragments de paysage jouant sur le décalage des rapports d’échelle et invitant au déplacement
aussi bien physique que mental. Il s’agit de mettre en place des processus, des systèmes de construction simple, et de
donner à voir une proposition ouverte réalisée à partir de ces systèmes. Les principes d’assemblages, de montages des
pièces restent visibles ; ainsi le spectateur peut s’en emparer mentalement et s’imaginer poursuivre la construction
aussi bien qu’en modifier la configuration. Mes propositions sont fabriquées à partir de matériaux simples : métal,
carrelage, bois, verre…. Ces matériaux restent identifiables mais la façon de les utiliser crée un décalage par rapport
à leur aspect ordinaire. Mes installations constituent une sorte d’ébauche, de croquis se développant dans l’espace.
Ainsi se superposant à l’espace réel, on découvrira des morceaux de paysages, en quelque sorte des prolongements de
l’espace, concrétisant à la fois des images mentales et des lieux propices à la réflexion.

Vincent Mauger

 

 

http://medias.reseaux-artistes.fr/ea4bb609-c249-eac6-8c5782a5e3baa33f/docs/ad37eda1-cc47-a4db-be0591a9d6fba320.pdf

 

Illustration : Sans Titre », 2016, sculpture, façade de l’Hôtel de Gunzburg.