Une semaine de permaculture à St Antoine

février 16, 2021 Publié par LIEUX MOUVANTS

UNE SEMAINE EN IMMERSION À SAINT-ANTOINE À LA DÉCOUVERTE DU POTAGER ET DE LA PERMACULTURE

Les premiers participants sont arrivés dimanche soir (en train, ils venaient de loin!). La nuit était tombée depuis longtemps sur le hameau. La longère silencieuse frémit brièvement : il est tard, tous vont se coucher.
Lundi 2 mars : Immersion végétale

Au réveil, la maison s’anime. Les deux derniers stagiaires rejoignent le groupe et tous se rencontrent autour d’un café et des croissants apportés par Claudine (inestimable bénévole !). Chacun se présente et fait part de ses attentes pour lasemaine.

C'est super, le groupe est varié : une adolescente pêchue accompagnée par sa grand-mère de 86 ans, un couple de trentenaires pleins d'interrogations, et deux jeunes retraités dynamiques et enthousiastes. Chacun a ses objectifs, et une semaine pour les remplir !

C’est Karim Chikh (ethnobotaniste, «puits de science» disent certains) qui nous mène à l’orée du sujet. Il nous entraîne à travers l’histoire du potager et du fabuleux voyage des plantes potagères.

C’est étonnant, l’essentiel des fruits et des légumes que nous mangeons sont originaires d’autres continents ! Cela nous met l’eau à la bouche et nous avons hâte de nous abreuver de toutes ces connaissances !

Puis nous plongeons dans la plante elle-même. Karim nous éclaire sur son fonctionnement. Il nous raconte leur anatomie, leur physiologie, nous apporte des notions de botanique… Aïe, que de mots barbares ! Le vocabulaire, au premier abord difficile pénètre peu à peu les esprits. Le temps passe vite, tous sont attentifs et les questions fusent. Il y a tellement à apprendre !

L’après-midi se termine sur une parenthèse ludique : la découverte du jardin remarquable du Grand Launay. Contemporain et niché au pied d’un manoir XVlle, ce jardin se révèle comme un enchaînement de rêves. Nous déambulons au gré de ses ambiances encore hivernales, guidés par Claudine qui en connaît bien les singularités.

Le soir arrive et la vie s’organise dans la longère. Chacun souhaite participer à la mise en place du dîner livré par le restaurant Coriandre. L’ambiance est détendue et les discussions vont bon train. Les échanges tournent surtout autour des thèmes de la journée, ce qui nous a marqué, ce qui a été mal compris. C’est sur ces révisions, que s’achève cette première journée.

Mardi 3 mars : Plongée dans la matière

Ce matin, c’est Géric Chevalier qui partage avec nous ses connaissances. Riche d’expériences de mise en place de potager chez des particuliers et d’aides à la création d’espaces gérés en permaculture, il nous propose un autre voyage. Il nous plonge dans la matière : le groupe évolue alors dans le sol, à travers ses constituants, ses qualités et ses textures. Dans le prolongement de la matière : le geste, indissociable des outils et des techniques qui permettent de reconnaître et de travailler le sol.

Dans l’après-midi, notre vision s’élargit. Karim nous fait découvrir le système dans sa globalité : de l’éco-système au concept de permaculture, il y a de nombreux mondes ??? Biotope, biocénose, abiotique, encore plus de nouvelles notions qui viennent complexifier et enrichir notre compréhension…. Nos légumes font bel et bien partie d’un Tout ! Heureusement que nous prenons des notes, il y a tellement à retenir, et à creuser ! Il n’y a qu’à regarder cette page du carnet de notes d’Isis !

Nous continuons d’être studieux lorsque nous arrivons au musée de la Résistance en Argoat de Saint-Connan. L’accueil est particulièrement chaleureux. Nous plongeons dans l’histoire locale. Nous découvrons aussi le travail artistique qu’une plasticienne a réalisé sur la mémoire de la Résistance locale, avec un groupe d’élèves. C’est une approche émouvante.

Nous continuons d’être studieux lorsque nous arrivons au musée de la Résistance en Argoat de Saint-Connan. L’accueil est particulièrement chaleureux. Nous plongeons dans l’histoire locale. Nous découvrons aussi le travail artistique qu’une plasticienne a réalisé sur la mémoire de la Résistance locale, avec un groupe d’élèves. C’est une approche émouvante.

De retour à la longère, la fatigue se fait sentir. Mais les esprits échauffés par toutes ces nouvelles connaissances continuent d'échanger et de «réviser» jusqu'au coucher. Le groupe, immergé dans la même expérience, continue de se souder.

Mercredi 4 mars : Au groupe de travailler!

La matinée débute par des exercices ludiques de perception et de composition proposés par Olivier Samica (notre sympathique Architecte Paysagiste, véritable générateur d’idées). Puis les choses sérieuses commencent : chacun se penche sur son propre potager,

sur ses envies et ses attentes, et la réalité du lieu où il sera créé. Guidés par Karim et Olivier (aux approches très complémentaires), les projets personnels s’esquissent : ici un potager surélevé dans des bacs, à côté le choix de l’emplacement du potager dans le jardin se précise, et là les vues à privilégier se discutent. Le projet de chacun prend forme, et s’appuie sur des plans, des croquis, des coupes, des schémas, et surtout beaucoup d’idées.

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En fin de journée, les têtes chauffent. Un projet a besoin de maturer, les idées de décanter. Il est temps de prendre l’air.
Après le repas au restaurant Coriandre, Olivier nous propose une balade digestive jusqu’à un arbre surprenant à proximité du hameau. C’est un très vieux noisetier au développement remarquable.

Ce rayon de soleil est trompeur, il y a de l’eau et de la boue partout, c’est un peu l’expédition.

Nous voilà partis pour Gouarec, à la rencontre de Marylin Le Moign et de son jardin remarquable. La visite de ce jardin très paysagé (photo ci-dessous) nous conduit d’ambiance en ambiance, à travers une succession de pièces et de points de vues. C’est Marylin qui en est l’architecte. Elle se présente avec beaucoup d’humour comme « la Marie-Antoinette » de son jardin, deux jardiniers mettant en euvre ses rêveries. Son délicat accent anglais apporte un charme certain à la visite qui se poursuit dans Gouarec. Illustrée par de nombreuses anecdotes, notre promenade s’achève autour d’un thé.

Ce soir là, dans la seule longère éclairée du hameau Saint Antoine, les rires fusent. Les jeux de société succèdent au dîner. Pendant un instant, c’est comme si tous se connaissaient depuis longtemps.

Jeudi 5 mars : Une bulle dans la tempête

La nuit porte conseil.

Au matin, livres et calques remplacent café et confitures sur la grande table de la longère. Le groupe, plus motivé que jamais, retourne bûcher sur ses plans de potager, sous l’égide d’Olivier. Les dessins se peaufinent, les cotes se précisent, les plantes potagères s’organisent. Notre adolescente se révèle très douée. Peut-être avons nous parmi nous une future architecte paysagiste ?!

Nous sommes déconnectés. Depuis le matin, la tempête souffle. C’est l’appel du maraîcher que nous devions rencontrer plus tard qui nous ramène à la réalité. Il y a beaucoup trop de vent. Les arbres cassent. Des branches jonchent la route. C’est dangereux, la visite est annulée et le travail sur les plans personnels se poursuit.

En milieu d’après-midi, le vent semble s’apaiser. Prenant notre courage à deux mains, nous affrontons les éléments et partons pour Bourbriac, où Paul Le Jeanne, Claudine son épouse, et leur beau jardin nous attendent. Dans ce jardin là, se mêlent plantes potagères et collections botaniques (cornouillers, heuchères, rhododendrons…). Un autre possible. Le vent est mauvais. Nous nous réchauffons autour d’un café et de gâteaux bretons à la confiture. La discussion dérive sur le monde agricole et ses difficultés (il n’y a plus beaucoup d’exploitations à Bourbriac).

Le soleil fait enfin son apparition en fin d’après-midi, lorsque nous rejoignons Ronan Le Mener de l’association Cicindèle au hameau. Ronan est animateur-nature et responsable des Landes de Locarn. C’est avec lui que nous partons à la découverte de la singularité du hameau de Saint-Antoine. La végétation et les sols racontent une partie de son histoire. Ronan nous la révèle, et nous apprend à lire le paysage qui nous entoure. Entre chiens et loups, nous apprenons aussi à décrypter le chant des oiseaux.

Ce soir-là encore, les rires l’emportent, jusqu’au fou-rire. Le groupe est lié.

Vendredi 6 mars : Atterrissage au potager

Claudine nous apporte croissants et pains au chocolat pour le dernier petit déjeuner tous ensemble. Karim aide à finaliser les projets de potager de chacun, à en effectuer les derniers ajustements. Il répond aux dernières questions. Le groupe a bien travaillé.

Vers 11h, une accalmie nous permet de visiter le potager du Grand Launay, éclairés

par sa responsable, Isabelle Breton. Des outils indispensables à la taille des

fruitiers, aux explications techniques, Isabelle répond avec clarté à nos

interrogations. L’échange va bon train. Nous serions restés si nous n’étions pas

attendus à Trémargat pour le repas.

Après le déjeuner, nous partons à la rencontre de Anne Renner (Radis et Râteau). Anne s’occupe de son potager familial, elle nous le présente. Elle nous explique sa démarche courageuse et particulière : l’autonomie au potager pour une famille de 5 personnes. Cette visite détaillée complète l’idée que chacun se fait d’un « potager à l’échelle de ses moyens ». La semaine se conclut sur ce dernier exemple concret. Il ne reste plus qu’à se lancer!

Notre jeune couple nous quitte à la suite de cette visite. Les au-revoir sont chaleureux, des liens se sont tissés. L’immersion touche à sa fin. Nous retournons à Lanrivain.

Puis arrive l’heure de la dernière partie de jeux de société, et le dernier fou-rire, oh! combien mérité après cette semaine intense et joyeuse. Demain matin la maison retrouvera son calme et le hameau se rendormira, blotti au

creux de son vallon. L’équipe attend des nouvelles du potager de chacun, et reste disponibles pour les questions des participants à cette newsletter.

Le mot de Bernard et Anne-Marie,

Bernard et moi, nous profitons du printemps et du soleil qui nous réchauffe pour vous écrire ce petit mot de solidarité et d’amitié en ces temps si particuliers.

Nous espérons qu’Antoine a retourné le terrain de ses parents dans le Loiret et que ce dernier accueillera très prochainement de beaux légumes. Que Lola continue à échafauder de belles idées pour faire en sorte que ce petit coin du Loiret devienne le paradis du monde végétal et animal (nos auxiliaires, si précieux).

Que Françoise rêve tous les soirs que sa terrasse se transforme en jardin de Babylone (si, si c’est possible même à petite échelle).

Qu’lsis profite de ses vacances prolongées pour travailler ses cours à la maison ; et non, on ne baisse pas la garde. Que son beau cadeau de conception de jardin a plu

à ses parents et qu’ils se sont retroussés les manches pour concrétiser celui-ci. Que Claire, Claudine, nos professeurs, transmetteurs et passionnés de jardin et d’histoire, rencontrés durant cette première session au hameau de St Antoine en centre Bretagne, continuent à faire vibrer ce lieu et l’institut du jardin et du paysage.

Et qu’enfin Rosalie et Jean continuent leur belle aventure, source d’énergie. Cette énergie qui fédère les bonnes volontés derrière le projet de Lanrivain