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RENCONTRE. Jean-Philippe Uzan : Regards croisés sur l’univers

samedi 20 juillet. 11h00

Le regard posé par l’homme sur l’univers est immémorial et toutes les mythologies ont dessiné des cosmogonies. Au XXe siècle, la cosmologie a révolutionné en profondeur notre vision, nous projetant dans un univers en constant changement, qui se structure en se dilatant. Que sait vraiment la science ? Quelles sont les questions qui restent ouvertes ? Comment se posent-elles en dehors du champ scientifique? L’émotion qui nait en étudiant l’univers rejoint celle des poètes, et de chacun d’entre nous, dès qu’il lève les yeux sur la nuit et y découvre ses lucioles. L’astrophysicien Jean-Philippe Uzan, spécialiste de la théorie du big bang, vous invite à croiser les regards de la cosmologie contemporaine avec ceux de la littérature et de la musique, une balade cosmique à la frontière entre connaissance scientifique et émotion.

 

« À travers ce grand conte, Jean-Philippe Uzan nous entraîne sur les chemins mystérieux qui relient mélodies, mathématique et cosmos – depuis les temps anciens où la musique et l’astronomie étaient des “arts mathématiques”, jusqu’aux temps futurs où elles nous accompagneront dans de nouveaux mondes. » C’est ainsi que Cédric Villani salue « L’harmonie secrète de l’univers » le livre de son ancien partenaire à l’Institut Henri Poincaré.

 

Morceau de ciel montrant 200 000 galaxies. Image traitée issu du programme d’observation UltraVista, mis à disposition des astronomes du monde entier par l’ESO. Ce programme permet d’étudier les galaxies distantes de l’Univers jeune. Ph. ESO

 

Aujourd’hui, des physiciens théoriciens essaient d’élaborer des théories qui leur permettraient de décrire l’univers tout à fait primordial, notamment ce qui s’est passé juste avant ce qu’ils appellent « le mur de Planck », ce moment critique qui marque les limites des lois physiques telles que nous les connaissons. L’une des pistes qu’ils suivent s’appelle « la théorie des supercordes ». Elle part de l’idée que l’unique passe-temps de la matière consisterait à faire des vocalises et à produire une sorte de musique de chambre. En clair, il n’y aurait pas mille et une sortes de particules élémentaires, dit la théorie des supercordes, il n’y en aurait qu’une. Cette particule fondamentale serait une corde vibrante, analogue à celle d’un violon, dont les harmoniques, c’est-à-dire les différents modes de vibration, constitueraient toutes les particules, connues ou inconnues : à telle fréquence de cette corde correspondrait un électron, à telle autre un neutrino, à telle autre encore un quark, etc… Ainsi, le fond de la matière, la poussière du monde si l’on préfère, vibrerait, telle une cacophonie plaisante qui monte de la fosse avant le lever de rideau, grande œuvre incompréhensible et belle, jouée par un philharmonique fantôme et infini.

Extrait de la « Conversation scientifique » avec Etienne Klein octobre 2017

 

Le centre de la Voie lactée apparait au-dessus de l’Observatoire du Cerro Paranal. Le rayon est une étoile guide laser pour le télescope, c’est-à-dire une étoile brillante artificielle, permettant d’utiliser l’optique adaptative dans le champ des observations, pour corriger les déformations d’un front d’ondes. Ph. ESO

 

Jean-Philippe Uzan, spécialiste de cosmologie et de gravitation, directeur de recherche au CNRS

Jean-Philippe Uzan est directeur de recherche en physique théorique au CNRS. Spécialiste de gravitation et de cosmologie, il travaille à l’Institut d’Astrophysique de Paris et est directeur adjoint de l’Institut Henri Poincaré. Il a publié plus d’une centaine d’articles de recherche sur de nombreux aspects de cosmologie, des plus théoriques à l’interprétation des observations les plus récentes. Il a reçu le prix Paul Langevin (2010) et le prestigieux prix Georges Lemaître (2015). Il a enseigné pendant plusieurs années à l’Ecole Normale Supérieure de Paris et à l’Ecole des Mines de Paris, ainsi que dans des écoles thématiques internationales. Il collabore depuis une quinzaine d’années avec l’université du Cap en Afrique du Sud. Il est impliqué dans le réseau AIMS (African Institute for Mathematical Sciences) dont il est membre du comité scientifique depuis 2014. Il a écrit deux monographies de référence (Cosmologie Primordiale (2005) avec Patrick Peter; Théories de la relativité (2014) avec Nathalie Deruelle), toutes deux traduites chez Oxford University Press. Il s’implique dans la diffusion des connaissances. Il a écrit plusieurs ouvrages dont De l’importance d’être une constante (2005) sur les constantes de la nature et La maison des mathématiques (2014) avec Cédric Villani sur le lien entre mathématiques et sciences ou l’ouvrage Multivers (2010) primé au festival d’astronomie de Haute-Maurienne (2011). Il a dirigé l’ouvrage collectif Variation sur un même ciel (2012). Une grand partie de son activité est dirigée vers le jeune public. Il a initié le festival Astrojeune dans le cadre du festival d’astronomie de Fleurance dont il est membre du comité d’organisation depuis une quinzaine d’année. Il a publié deux ouvrages pour le jeune public (La gravitation ou pourquoi tout tombe (2005) et Ici, l’univers (2007)). En 2017, il publiera deux nouveaux livres grand public : L’harmonie secrète de l’univers et big-bang. Il travaille depuis plusieurs années avec des artistes. En 2009, il a créé, avec le compositeur Eddie Ladoire et le plasticien Joep van Lieshout, l’installation musicale VOSTOK qui a aujourd’hui rejoint les collections du Conservatoire National des Arts Plastiques. Il collabore régulièrement avec le compositeur Fabien Waksman, avec qui il a coordonné un projet pour l’Opéra de Paris en 2015-2016. De 2005 à 2010, il a participé à l’écriture, la création et à une centaine de représentations de la pièce de théâtre Kant mise en scène par Etienne Pommeret. Pendant 2 ans, il a tenu la rubrique « Matière Grise » dans La Revue Dessinée, en collaboration avec l’illustratrice Zoé Thouron. Depuis 2014, il fait partie d’un groupe de travail au centre d’art contemporain du Fresnoy et collabore avec la plasticienne Dorothée Smith. Dans le cadre de l’Institut Henri Poincaré, il a de nombreuses implications politiques en particulier autour de l’extension de la maison des mathématiques et de la création du musée des mathématiques aux côtés de Cédric Villani.

 

 

Détails

Date :
samedi 20 juillet
Heure :
11h00

Lieu

Hameau de Saint-Antoine à Lanrivain (22)