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Rencontre. Isabelle Autissier et Catherine Chabaud, navigatrices : que devient la haute mer ?

dimanche 23 juin. 11h00

Haute mer, que devient cette moitié de notre planète ?

La haute mer représente la moitié de la surface de la planète. Moins d’humains ont fréquenté les grands abîmes que la lune. Jusqu’à ce jour, elle ne répond à aucune gouvernance. Pourtant sa bonne santé est profondément essentielle à l’espèce humaine. Par exemple, la moitié de l’oxygène que nous respirons en provient. Dans l’avenir c’est peut être un trésor biochimique ou génomique qui en sortira. Quel avenir et quelle gouvernance pour cette vaste étendue qui nous fait aussi rêver ?

 

Première femme à avoir accompli un tour du monde en compétition, en 1991, Isabelle Autissier est également écrivain et présidente du WWF-France.

Catherine Chabaud est la première femme à terminer un tour du monde à la voile, en solitaire, en course et sans escales (3e Vendée Globe). Elle est journaliste et consultante en développement durable et maritime.
Ces deux navigatrices se sont mobilisées chacune à leur manière pour que les mers et par conséquent l’ensemble de notre planète soient préservés.

Photo. A Zimmeray/Sipa

 

« La haute mer est un lieu qui n’a aucun statut juridique.  Il est essentiel de donner à cet espace le même statut que celui des fonds marins, celui de patrimoine commun de l’humanité. L’idée de responsabilité collective doit être au-dessus de celle de liberté » explique Catherine Chabaud. « La mer est intégrée depuis de longues années dans le ministère du Développement durable, mais c’est un ministère qui est tentaculaire. Le ministre chargé de la mer s’occupe de la mer quand il a fini de s’occuper de Notre-Dame-des-Landes ou de l’avenir du nucléaire. Et le Premier ministre a aussi tout un tas d’autres sujets. Donc ce portage politique au quotidien ne peut pas être assuré ! »
Catherine Chabaud a choisi ces dernières années d’œuvrer pour une gestion durable des océans. Après le ‘Conseil économique, social et environnemental’ de 2010 à 2015, elle a été déléguée à la mer et au littoral au ministère de l’environnement, mais elle a choisi de retrouver sa liberté et de se consacrer de façon plus indépendante, hors des lieux de pouvoir politique, à la défense des océans.
Extrait de « De cause à effets » le magazine de l’environnement de France culture, 28 juillet 2018

Photo. Archives Xavier Léoty

 

« La COP21 a réuni les représentants de ses Etats membres. Or, ces derniers ne peuvent agir que dans les limites de leurs eaux territoriales. La haute mer a un statut international, elle n’appartient à personne. Les associations comme le WWF n’ont pas leur place à cette conférence. Nous pouvons seulement profiter de l’événement pour faire prendre conscience à ses participants du rôle essentiel des océans dans le contrôle du changement climatique ». Isabelle Autissier explique la démarche inédite entamée par le WWF : « Notre bureau international a donc commandé la première étude jamais réalisée sur la valeur économique des océans à deux institutions réputées : le Global Change Institute de l’université du Queensland (Australie), leader dans les recherches environnementales, et le Boston Consulting Group, l’un des plus prestigieux cabinets de conseil en management du monde.
Nos spécialistes se sont servis des mêmes outils que ceux employés pour évaluer la valeur patrimoniale d’un pays. Ils ont additionné les poids économiques des différents secteurs qui touchent aux océans : leurs productions directes (stocks de poissons, mangroves, récifs coralliens, herbiers marins), le commerce et le transport maritimes, les activités côtières (tourisme, loisirs, etc.) et l’absorption de carbone. Les résultats nous ont nous-mêmes surpris. Il en ressort que les actifs des océans s’élèvent à 24 000 milliards de dollars (22 000 milliards d’euros) ! Calculé de la même manière qu’un PIB national, le «produit marin brut annuel» représente ainsi 2 500 milliards de dollars (2 308 milliards d’euros), l’équivalent de la septième économie mondiale. Ces chiffres sont sans doute sous-estimés car nous n’avons pas pris en compte les bénéfices des industries pétrolières et minières off-shore, qui ne divulguent pas leurs données, ni les retombées probables dues à l’élaboration de nouveaux médicaments issus de la mer. Une chose est sûre : les océans font vivre des millions de personnes. Et créeront encore plus d’emplois dans l’avenir : en 2050, 80 % de la population du globe vivra à moins de 100 kilomètres des côtes.
Nous sommes en train de scier la branche sur laquelle nous sommes assis. Au lieu de nous contenter de moissonner les intérêts que génèrent les océans, nous dilapidons leur capital à une vitesse vertigineuse. Près de 40 % de l’ensemble des animaux marins ont disparu au cours de ces quarante dernières années, comme la moitié du corail, et le tiers des mangroves et des herbiers

Détails

Date :
dimanche 23 juin
Heure :
11h00

Lieu

Parc du Château du Coscro (Lignol 56)