Alain Fleischer. Autoportraits sous le masque

Un visage peut servir de moule à une multitude d’empreintes qui finiront par constituer une collection d’Autoportraits sous le masque.

Il y a longtemps que je recueille, par périodes, l’empreinte de mon visage dans le matériau le plus modeste qui soit : le papier d’argent des tablettes de chocolat. Jeux d’enfance.

Dans les civilisations anciennes, de tels masques pouvaient être en feuilles d’or. Dans cette multiplication des empreintes, la ressemblance se perd avec l’original, et c’est alors qu’apparait une population de spectres. On y retrouve les constantes d’un visage humain : ossature du front, du nez, de la mâchoire, du menton, ouvertures de la bouche et des yeux. Accrochées aux arbres d’une forêt, ces effigies deviendront une foule de fantômes, sorte de mues d’un être humain, momie