Yann Leborgne

« Géographe social, j’étudie et veille à la sauvegarde du patrimoine mémoriel et du patrimoine culturel immatériel. Mes travaux sont axés sur la résilience, définie comme la capacité à surmonter des « chocs », des traumatismes, des crises, des souffrances. Je cherche en quoi les patrimoines immatériels et mémoriels contribuent à la résilience de groupes et de communautés. Mon approche repose sur l’expérience de l’Homme avec son espace, les lieux et les territoires. »

Depuis 2004, cet angle thématique a permis à Yann Leborgne de travailler sur des sujets diversifiés, toujours construits en rapport avec une demande sociale, dont les arbres vénérables.

« La Normandie est riche en très vieux arbres qui approchent pour certains 1000 ans. Loin de ne se rencontrer qu’au fin fond des forêts, on peut en croiser dans des cimetières, près d’églises ou de châteaux. À Allouville-Bellefosse (76) et La Haye-de-Routot (27), leurs troncs ont été aménagés en lieux de culte. Au Bas-Caumont (27), une chapelle perchée enlace un chêne…
Ces spécimens sont des porteurs de légendes et de pratiques rituelles qui se transmettent de génération en génération, parfois depuis des siècles. Songeons qu’il y a plus de 2000 ans les celtes se groupaient autour d’arbres sacrés qui abritaient une divinité, incarnaient la mémoire des ancêtres et l’esprit de la communauté. Ils reliaient ainsi leur territoire au pouvoir céleste…
De nos jours, on peut encore observer en Normandie des manifestations qui gravitent autour de chênes, d’ifs ou d’aubépines. Elles relèvent aussi bien de rituels de guérison à caractère païen, de processions religieuses, que de conviviales festivités villageoises … »