Erik Orsenna

Mardi 15 août à Locuon
Samedi 19 août à Saint-Antoine

Ce n’est pas seulement l’amateur de jardin qui passionne Erik Orsenna, c’est aussi l’écrivain façonnant la langue française.  » Le français s’est formé au fil de près de quatorze siècles, avec une base ­latine et nombre d’apports réguliers, puis au fil du temps tout le monde a ajouté sa pierre à l’édifice, de François Villon aux brèves de comptoir, des rois aux chanteurs, des hauts fonctionnaires aux écrivains… Il s’est nourri de contributions très diverses, notamment grâce à la Pléiade et à Rabelais. Ainsi, La Fontaine et Racine, qui étaient cousins, nous offrent une langue qui tend à l’économie et, avec si peu de mots, dit l’essentiel. En revanche, Chateaubriand, Hugo et Proust l’inscrivent dans un flux généreux, expansif, ­enthousiaste.
Au panthéon des grands stylistes, c’est-à-dire ceux dont l’expression est la plus riche et dit le plus, je placerais Racine, La Fontaine, Buffon, Stendhal, mais aussi Proust et Céline auxquels j’ajouterais Marot, Verlaine et Aragon. Ces grands auteurs illustrent la diversité de la langue à l’intérieur d’une même ­famille de regards. Je crois que la république (au sens latin de res publica, la chose publique), c’est notre langue, cet usage que nous avons en commun. A ce titre, les Français ne sont pas propriétaires de leur langue, les apports de la francophonie la nourrissent. Cette verbo-diversité, bien à l’image de la langue et du peuple qui la parle, dépasse l’idée de nation ».

Share on FacebookTweet about this on TwitterEmail this to someone